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Immolations de tibétains : pourquoi le monde n’écoute-t-il pas ?

 
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Sunyata


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MessagePosté le: Dim 1 Avr - 09:50 (2012)    Sujet du message: Immolations de tibétains : pourquoi le monde n’écoute-t-il pas ? Répondre en citant

Immolations de tibétains : pourquoi le monde n’écoute-t-il pas ?

31 March 2012 - Vijay Kranti - IANS India

Jusqu'à ce qu'il soit devenu une sensation brulante dans les médias internationaux, l'histoire de Jamphel Yeshi, 27 ans, n'était pas différente de celle des quelques millions de Tibétains qui vivent aujourd'hui dans ce que les dirigeants Chinois appellent un Havre Socialiste ou le Tibet Chinois. Il était l'un de ces environ 10.000 jeunes Tibétains qui ont pu sortir clandestinement du Tibet ces dernières années, à la recherche d'une meilleure éducation ou pour trouver un moment de répit pour leurs âmes asphyxiées. Comme la plupart de ses jeunes compatriotes dans le Tibet occupé, Jamphel lui non plus, n'avait jamais vu le Dalaï-Lama, ni vécu sous ce que la Chine stigmatise comme étant l’autorité «féodale» de la «clique du Dalaï Lama», qui a été détrônée par l'armée de Mao 36 ans avant qu’il ne soit né.

Comme son père, il a lui aussi été éduqué et a grandi dans une overdose quotidienne d'endoctrinement communiste, qui espère convertir les Tibétains, et les enfants des 55 autres «minorités nationales» de la Chine, en des citoyens « patriotes » de la «grande mère patrie ». L’enseignant de la classe à l'école lui a dit, à lui aussi, que le Dalaï Lama était un «loup dans les robes d'un moine», et donc qu’il méritait leur haine pour être un « séparatiste » et le «pire ennemi» de leur mère patrie Chinoise. Cependant, quand il est entré dans l’adolescence et a commencé à devenir conscient de son identité ethnique, il a lui aussi commencé à se sentir étouffé et perdu au milieu d'un nouveau flot de colons Han (la communauté majoritaire en Chine) dans sa ville Tibétaine traditionnelle Khampa de Tawu, qui a été assimilée à la province voisine du Sichuan après que le Tibet ait perdu sa liberté.

Jamphel avait discrètement fait la traversée vers l'Inde en 2007 et suivait un cours d'informatique à New Delhi le jour où il a décidé de franchir l’étape extrême en s'immolant au cours d'un rassemblement Tibétain, anti-Chinois et anti-Hu Jintao, près du parlement indien. Hu est particulièrement méprisé par les masses tibétaines comme le «boucher de Lhassa». En tant que gouverneur du Tibet, Hu a utilisé des chars de l'armée et des véhicules blindés pour écraser efficacement le soulèvement tibétain de Lhassa en 1989. Trois mois plus tard, c’est le même « Modèle de Lhassa » qui a été utilisé par ses supérieurs sur la place Tiananmen à Pékin pour écraser le soulèvement de la jeunesse chinoise contre le système communiste. Jamphel était le 31e dans une chaîne d’auto-immolations à l'intérieur et l'extérieur du Tibet, survenues dans l’année écoulée. Mercredi, il est devenu le 18e Tibétain dont la mort a été confirmée. Le sort des 13 autres est connu seulement pour les autorités Chinoises. Après la mort de Jamphel, le gouvernement de New Delhi a, pour des raisons évidentes, décidé de renforcer encore les mesures visant à garantir un séjour confortable pour Hu Jintao.

Hu sera bientôt de retour en Chine et la puanteur soulevée par l'immolation va vraisemblablement se dissiper dans le flot d’autres nouvelles importantes. Mais le brasier en mouvement de Jamphel laisse derrière lui des questions qui peuvent hanter une communauté mondiale qui exprime sa foi en la démocratie et en la conduite civilisée. Juste quelques questions à méditer. Une longue chaîne d’auto-immolations par de jeunes tibétains, dont une majorité de moines et de nonnes, nie les allégations souvent répétées par les Chinois que tout va bien à l'intérieur du Tibet, ou que les Tibétains aiment la domination chinoise, et méprisent le Dalaï Lama « féodal ». Une personne qui s’est immolée, qui brûle et qui meurt après de nouveaux cris pour «Rangzen» (liberté au Tibet) et pour le retour du Dalaï-Lama au Tibet, révèle un autre visage de la réalité Tibétaine aux millions d’observateurs sur YouTube à travers le monde, en contradiction avec ce que prétend le gouvernement Chinois.

Il y a eu au moins 32 cas d'immolations de jeunes tibétains et pas un seul cas d'agression à l’arme blanche, de coups de feu, d'attentat à la bombe ou de prise d'otages contre leurs maîtres coloniaux, ce qui souligne la foi profonde du peuple Tibétain envers son chef le Dalaï-lama et en son engagement pour l'« ahimsa », ou la non-violence Gandhienne. Cela rend également risibles les dirigeants Chinois quand ils essayent désespérément de dépeindre le Dalaï-lama comme une sorte d’Hitler et de collaborateur Nazi des Etats Unis. Cela démontre sans l'ombre d'un doute que la résistance à l'intérieur du Tibet est vivante et étendue même 61 ans après la conquête Chinoise et que le Dalaï-lama est, peut-être, plus populaire qu'il ne l’était le jour de sa fuite en exil en 1959. Cela prouve aussi que l'endoctrinement communiste de six décennies n’a pas réussi à calmer les aspirations nationales des masses tibétaines. Et ces masses tibétaines se sentent aujourd'hui poussées au désespoir. Chacune des 31 immolations est arrivée dans les provinces tibétaines d'autrefois du Kham et de l’Amdo, qui font maintenant parties du Sichuan, du Yunnan, du Quinghai et du Ganzu – cela remet en question l'affirmation chinoise qui prétend que ces régions ne sont pas le Tibet, ou que seule la Région Autonome du Tibet (TAR) est le « vrai »Tibet.

Dans la plupart des événements survenus lors de ces immolations, la manière dont la police Chinoise du PSB (Public Security Bureau) et les agents ont donné des coups de pieds à l’homme en flammes ou dont les passants Han locaux ont bombardé de pierres le jeune Tibétain en train de mourir ne reflètent que la fracture profonde entre les Tibétains et les colons chinois dans les régions tibétaines . Dans un monde où la seule immolation d’un vendeur de légumes tunisien peut invoquer le soutien mondial et amener la révolution dans 15 pays, l'absence de toute réaction ou de mesures de la part de l'ONU et des gouvernements, vis à vis d’une chaîne sans fin d’immolations, contraint les sceptiques à penser que les réels déclencheurs de la sympathie de la communauté mondiale se situent quelque part ailleurs que dans l'engagement pour les valeurs humaines et démocratiques. Ils pourraient commencer à se demander à voix haute si la communauté internationale n'est pas arrivée à un stade où l'opinion mondiale est davantage influencée par le pouvoir économique d'un seul gouvernement que par la puissance morale collective du monde au sens large.

Et par-dessus tout, Jamphel Yeshi a quitté la communauté mondiale avec une question : sommes-nous parvenus à un stade où des milliers de communautés en lutte à travers le monde pourraient perdre confiance en l’efficacité de l’expression démocratique et non violente comme outil valable de résolution de conflit ?

Traduction Pema Dreulkar – Dreulkar.Pema@gmail.com
Publié sur : http://sunyat.free.fr

http://tibet.net/2012/03/31/tibetan-self-immolations-why-isnt-the-world-listening/

Tibetan Self Immolations: Why Isn’t the World Listening?

March 31, 2012 7:48 am

(By Vijay Kranti | IANS India)

Until he became a burning sensation in the international media, the story of Jamphel Yeshi, 27, was no different from the few million Tibetans who live today in what Chinese leaders call a Socialist Haven or China’s Tibet. He was one of those 10,000 odd young Tibetans who could smuggle themselves out of Tibet in recent years in search of better education or to find some breathing space for their suffocated souls. Like most of his fellow young compatriots in occupied Tibet, Jamphel too had never seen the Dalai Lama nor lived under what China brands the ‘feudal’ rule of the ‘Dalai clique’ that was dethroned by Mao’s army 36 years before Jamphel was born.

Like his father, he too was educated and brought up on a daily overdose of Communist indoctrination which hopes to convert Tibetan and children of other 55 ‘national minorities’ of China into ‘patriotic’ citizens of the ‘great motherland’. He too was told by his class teacher in school that the Dalai Lama was a ‘wolf in the robes of a monk’ and hence deserved their hatred for being a ‘splitist’ and the ‘worst enemy’ of their Chinese motherland. However, when he entered his teens and started becoming aware of his ethnic identity, he too began feeling suffocated and lost amidst a new flood of Han settlers (the majority community in China) in his traditionally Khampa Tibetan town of Tawu which was assimilated into neighbouring Sichuan province after Tibet lost its freedom.

Jamphel quietly crossed over to India in 2007 and was going through a computer course in Delhi on the day he decided to take the extreme step of immolating himself during an anti-China, anti-Hu Jintao Tibetan rally near the Indian parliament. Hu is especially despised by Tibetan masses as the ‘Butcher of Lhasa’. As the governor of Tibet, Hu used army tanks and armoured vehicles to effectively crush the Tibetan uprising in Lhasa in 1989. Three months later, it was the same ‘Lhasa Model’ that was used by his seniors in Tiananmen Square in Beijing to crush the Chinese youth’s uprising against the Communist system. Jamphel was the 32nd in a chain of self immolations inside and outside Tibet in past one year. On Wednesday, he became the 18th among the confirmed Tibetan deaths. The fate of the other 13 is known only to Chinese authorities. Following Jamphel’s death, the government in New Delhi has, for obvious reasons, decided to further tighten measures to ensure a comfortable stay for Hu Jintao.

Hu will soon return to China and the stink raised by the immolation is most likely to melt away in the flood of other important news. But Jamphel’s moving inferno leaves behind some issues which may haunt a world community that expresses faith in democracy and civilised conduct.
Just a few issues to ponder over: A long chain of self immolations by Tibetan youths, a majority of them monks and nuns, negates the oft repeated Chinese claims that everything is fine inside Tibet. Or that Tibetans love Chinese rule and despise the ‘feudal’ Dalai Lama. One burning and dying immolator after another shouting for ‘rangzen’ (Tibetan freedom) and return of Dalai Lama to Tibet has exposed another face of Tibetan reality to the millions of YouTube watchers across the world as opposed to what Chinese government claims.

At least 32 cases of self immolation by Tibetan youths and not a single case of stabbing, shooting, bombing or hostage taking against their colonial masters underlines the Tibetan people’s deep faith in their leader Dalai Lama and his commitment to ‘ahimsa’ or Gandhian non-violence. It also makes a laughing stock of Chinese leadership when they desperately try to paint Dalai Lama as Hitler and a Nazi collaborator of the US. It establishes beyond doubt that resistance inside Tibet is alive and widespread even 61 years after the Chinese takeover and that the Dalai Lama is, perhaps, more popular that he was on the escape day to exile in 1959. It also proves that the Communist indoctrination of six decades has failed to cool down the national aspirations of Tibetan masses. And that Tibetan masses today feel pushed to desperation. Each of the 32 immolations occurred in the erstwhile Tibetan provinces of Kham and Amdo, now parts of Sichuan, Yunnan, Quinghai and Ganzu – this challenges Chinese assertion that these areas are not Tibet or that only Tibet Autonomous Region (TAR) is the ‘Real Tibet’.

In most events of these self immolations, the manner in which the Chinese PSB police and agents kicked the man on flames or the local Han bystanders pelted stones over the dying young Tibetan only reflects the deep divide between the Tibetan and the Chinese settlers in Tibetan areas. In a world where a single self immolation by a Tunisian vegetable vendor can invoke world support and revolution in 15 countries, the absence of any reaction or measure on the part of the UN and governments towards an unending chain of immolations compel sceptics to think the real triggers of world sympathy lie somewhere else rather than in commitment to human and democratic values. They might start wondering loudly if the world community has not arrived a stage where world opinion is more influenced by economic power of a single government than the collective moral power of the world at large.

And above all, Jamphel Yeshi has left the world community with a question: have we arrived at a stage where thousands of struggling communities across the world might lose faith in the efficacy of democratic and non-violent expression as a valid tool of conflict resolution?

(Vijay Kranti is a senior journalist and a Tibetologist. He can be contacted at v.kranti@gmail.com)
_____
Dans la plupart des pays, les citoyens possèdent la liberté de parole. Mais dans une démocratie, ils possèdent encore la liberté après avoir parlé.
André Guillois

Sunyata
http://sunyat.free.fr


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