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TIBET ON T’AIME, WASHINGTON NON PLUS...

 
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Sunyata


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MessagePosté le: Mar 13 Oct - 14:47 (2009)    Sujet du message: TIBET ON T’AIME, WASHINGTON NON PLUS... Répondre en citant

http://www.claudelevenson.net/lettres/NewsletterOctobre2009.pdf

Les grands titres de l’actualité qui se bousculent à la une de la presse et occupent le
devant des journaux télévisés ont tendance à laisser dans l’ombre des informations souvent
révélatrices. Ainsi, rien que depuis début octobre, plusieurs sources tibétaines ont permis de
confirmer l’arrestation d’un certain nombre de Tibétains qui avaient participé le 7 juin à une
cérémonie d’offrande d’encens à l’occasion de Saka Dawa (une fête d’importance capitale du
calendrier tibétain), quelques-uns ont été relâchés, mais familles et proches sont toujours sans
nouvelle d’autres participants. Par ailleurs, les responsables du monastère de Pangsa sont
également sans nouvelle ni information d’une dizaine de moines arrêtés lors des protestations
de mars 2008. D’autres renseignements reçus début octobre confirment qu’une doctoresse
tibétaine à la retraite a été condamnée en novembre 2008 à 15 ans de prison sous l’accusation
d’avoir « passé des secrets d’Etat à l’étranger » lors des manifestations du printemps 2008.
Elle purge sa peine de travaux forcés dans un centre près de Lhassa, sans avoir été autorisée à
voir quiconque de ses proches depuis sa détention et sans avocat lors du procès…

Et afin de ne pas oublier qu’une « bonne » nouvelle peut tenter d’en cacher une autre
bien moins réjouissante, l’agence officielle chinoise annonçait le 4 octobre que près de 3
millions d’hectares de prairie de la réserve des Trois rivières (Dri-chu, Ma-chu et Za-chu, soit
le Yangtsé, le Fleuve jaune et le Mékong, entre Kham et Amdo) avaient été « écologiquement
réhabilités » au cours des quatre dernières années. Pas un mot en revanche des restrictions
imposées dans ce louable but à des dizaines de milliers de nomades tibétains dont c’était
naguère le terrain de transhumance depuis des siècles, désormais sédentarisés de force dans
les nouveaux « villages socialistes » où, privés de leurs bêtes et sans possibilités d’activités de
substitution, ils semblent voués à une mort aussi lente que certaine. Toute comparaison avec
le sort naguère réservé aux peuples indiens des Amériques serait oiseuse ou fortuite, voire
taxée de malveillance.

Quant au Nobel surprise attribué au fringant président américain, le moins que l’on
puisse dire, c’est qu’il était inattendu et qu’il n’a pas suscité que de l’enthousiasme jusque
parmi ses plus ardents partisans. Des commentateurs, y compris américains (et de tout bord)
s’étonnent de la promptitude d’un prix couronnant certes de belles intentions, mais bien peu
de concret. Bien sûr, l’heureux lauréat n’est qu’en début de mandat, même si d’aucuns se
disent qu’une candidature déposée à la hâte juste avant la clôture des listes de proposition et à
peine onze jours après son entrée à la Maison Blanche, c’est aller un peu vite en besogne.

Le fait que le nouveau président du Comité Nobel de la paix soit parallèlement et
depuis peu secrétaire du Conseil de l’Europe peut donner à penser que le brave homme
n’avait guère envie de se mettre à dos Moscou pas plus que Pékin. Or, l’association russe
« Mémorial » et le dissident Hu Jia (au nom de tous les autres, et ils sont nombreux à languir
dans les geôles chinoises souvent sans même que l’on sache leurs noms ou les accusations qui
pèsent sur eux) étaient cités comme favoris pour le prix de cette année. De quoi regretter le
discrédit ainsi jeté sur une récompense prestigieuse, gaspillée pour un lauréat qui n’en
demandait pas tant ni n’en avait besoin – ce qui fait dire à un blogueur américain que cette
bévue pourrait bien signaler le début de la fin d’un certain rêve américain de pays protecteur
pur et dur des libertés fondamentales.

Il semble difficile de ne pas percevoir une contradiction évidente entre de belles
paroles et des faits pratiques – nombre d’analystes n’ont pas manqué de relever le report par
la Maison Blanche de la rencontre envisagée entre Barack Obama et le Dalaï-lama justement
de passage à Washington, et certains responsables tibétains ont eu du mal à masquer leur
déconvenue tandis que Pékin ne cachait pas sa satisfaction. Sortant de sa réserve coutumière,
seul Samdong Rimpoché, chef de l’administration en exil, a constaté publiquement que
comme tant d’autres, le président américain choisissait l’apaisement vis-à-vis de la Chine.
Dame, quand une bonne partie de la dette américaine est en mains chinoises, on le
comprendrait à moins… Il n’empêche : ce que l’on appelle aujourd’hui en politique un
« signal » lancé en direction d’un partenaire (ou d’un adversaire) est en l’occurrence un signe
qui laisse mal augurer de la place concédée dorénavant à la défense des libertés et des droits
de l’homme par une administration américaine plus préoccupée (comme tant d’autres !) par
des soucis économico-financiers et d’une relance convoitée pour sortir de la crise d’un
capitalisme débridé.

De l’autre côté de la planète, entre l’Inde et la Chine, en dépit des protestations de
bonne foi et de bonne volonté réciproques, la tension monte le long de la frontière, avec
déploiement de troupes à la clef. Des frictions sont évitées de justesse du côté du Ladakh et
les responsables chinois voient rouge à l’idée de la visite annoncée du Dalaï-lama en
Arunachal Pradesh, au monastère de Tawang où était né le VIème dalaï-lama… Pendant ce
temps, au Népal, les nouvelles autorités mènent la vie dure aux réfugiés tibétains, de plus en
plus surveillés et restreints dans leurs activités, alors que le gouvernement népalais a demandé
à Pékin la prolongation de la voie ferrée de Lhassa à Katmandou, afin de favoriser les
échanges entre les deux pays. Pourtant, dans les campagnes népalaises, la grogne monte
devant les intrusions chinoises, l’ouverture de routes nouvelles menaçant directement le mode
de vie et les conditions de travail des populations locales.

Dans le contexte actuel, tout cela ne signifie nullement qu’on se croise désormais les
bras, car on ne saurait oublier que d’autres affrontent les autocrates à mains nues : ils résistent
aux pires épreuves, et quand on les entend, on n’en finit pas de s’interroger – comment fontils
? Impossible de ne pas les soutenir par une solidarité agissante, aussi modeste soit-elle.
Naguère, lorsque le continent latino-américain était le théâtre favori des dictateurs, des amis
comparaient, en guise d’humour trop souvent noir, les dictaduras et les dictablandas (soit
dictadure contre dictadouce ?). L’actuelle variante en vogue chez les héritiers du Céleste
empire ressemble de plus en plus à une forme exemplaire de la première variété – raison
suffisante de ne pas rendre les armes. Les graines de démocratie prennent du temps à éclore,
mais elles ont été semées, reste à les cultiver et les arroser – sans jamais oublier qu’il n’est
rien de permanent, sinon le changement…
C.B.L.


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MessagePosté le: Mar 13 Oct - 14:47 (2009)    Sujet du message: Publicité

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