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La succession religieuse très complexe du dalaï-lama

 
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Sunyata


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MessagePosté le: Lun 23 Avr - 11:23 (2012)    Sujet du message: La succession religieuse très complexe du dalaï-lama Répondre en citant

http://www.paperblog.fr/5486537/la-succession-religieuse-tres-complexe-du-dalai-lama

Si la succession politique du dalaï-lama à la tête du gouvernement tibétain en exil est réglée, sa succession spirituelle s'annonce beaucoup plus délicate parce qu'elle pose la question de sa réincarnation et s'organise sous la pression permanente de Pékin.

Au Tibet, les policiers sont munis d'armes à feu… Et d'extincteurs! Toujours à portée de main des forces de l'ordre, ces engins permettent d'éteindre les torches humaines. Ce qui n'est pas rare. La fréquence explique cette mesure sordide mais révélatrice d'une tension inouïe. Vingt-trois immolations depuis trois ans… Moines ou moniales, laïcs bouddhistes, tous sacrifiés par le feu. Avant de mourir, ils poussent deux cris: «Pour le Tibet libre» et «Pour le retour du dalaï-lama».

Cette inflation remonte aux émeutes tibétaines de 2008. La répression chinoise est telle que ces désespérés n'ont plus que l'arme du suicide pour signer leur révolte. La perspective bouddhiste considère le suicide comme un échec, mais ces immolations ne sont pas pour autant un acte de retrait sur soi. Elles sont une offrande du corps pour tous les êtres vivants. L'idée, sans mauvais jeu de mots, est d'éclairer les consciences. Aussi les Tibétains récusent-ils le terme de «suicide». Ils évoquent l'image paradoxale d'une offrande de lumière… Mais cette lumière tragique est obscurcie. Aucun journaliste n'est admis au Tibet. Le pays est emmuré dans une frontière invi­sible. Les entrées et sorties, y compris informatiques, sont filtrées. Un silence certain pèse donc sur la litanie mortelle des immolations. Le pays étouffe. Même le «Losar», Nouvel An tibétain, fêté le 22 février, a, cette année, été décrété jour de deuil, une demande inédite du gouvernement tibétain en exil.

Samdhong Rinpoché, l'ancien premier ministre de ce gouvernement (de 2001 à 2011) et l'un des plus fidèles compagnons du dalaï-lama, est venu début mars en visite à Paris, dans la foulée de cette commémoration. Pour célébrer un «Rimay Monlam», c'est-à-dire une «grande prière de souhaits pour le monde». Ce rite millénaire cherche à «promouvoir la paix et l'harmonie universelle». Ce pilier du bouddhisme tibétain avait conduit la même imploration au monastère Tatsang Ling des «Accomplissements spontanés», dans la vallée de l'Eure. Ce monastère a été fondé par Sungjang Rinpoché, un jeune maître prometteur, reconnu par le dalaï-lama qui a organisé la visite en France de Samdhong Rinpoché.

Le 10 mars est en effet une date clé dans la mémoire tibétaine. C'est l'anniversaire de l'insurrection de Lhassa, en 1959. La révolte tibétaine contre la Chine avait été noyée dans un bain de sang. La vive tension actuelle n'est pas aussi spectaculaire, mais elle est sans concession. Car une séquence décisive s'annonce: la succession du dalaï-lama. Il y a un an, le 10 mars 2011 - il avait 75 ans -, ce Prix Nobel de la paix a annoncé sa décision d'abandonner son pouvoir politique sur le Tibet. Il a alors confié à des élections démocratiques le choix d'un nouveau responsable. «Il y a aura inévitablement un moment où je ne serai plus capable d'assurer la gouvernance. Il est nécessaire d'établir un système de gouvernance, tant que je suis en bonne santé, pour que l'administration tibétaine en exil puisse être autonome plutôt que dépendante du dalaï-lama.»

Le 27 avril 2011, Lobsang Sangay, un juriste de 44 ans formé à Harvard, a été élu premier ministre de ce gouvernement en exil. Il s'est installé officiellement le 8 août dernier, à 9 heures, 9 minutes et 9 secondes. Une suite de chiffres symbolique: un 8, parce que c'est le chiffre de l'équilibre cosmique dans la tradition hindouiste et bouddhiste. Le 9 parce que c'est le nombre de la plénitude. L'association de cette date et de cette heure symbolise donc la fin d'un cycle: celui du XIVe dalaï-lama comme responsable politique.

Pour le Prix Nobel de la paix, c'était un vieux rêve. Il s'en est expliqué le 13 août dernier, à Toulouse, où il était en visite: «J'ai toujours pensé que le pouvoir ul­time devait revenir au peuple. Dès 1951, j'avais demandé à un comité de travailler sur la réforme de notre sys­tème, trop archaïque. En 2001, le peuple tibétain en exil a élu un Parlement, et pendant dix ans il s'est familiarisé avec la démocratie. Le temps est venu de parachever ce processus.» Et dans un éclat de rire, il avait conclu: «Je me suis donc complètement retiré de mon pouvoir temporel, sans pression, pas comme chez vous avec la Révolution française!»

Sa sagesse fascine les foules

Sans pression, on peut en douter, car elle ne se relâche pas, du côté chinois. Le gouvernement tibétain en exil n'impressionne pas Pékin. En revanche, l'aura mondiale du dalaï-lama, si. Et qui plus est aujourd'hui, où son autorité morale, dégagée du pouvoir politique, sort grandie. À Toulouse, il l'avait admis: «L'autorité morale me vient du peuple et il n'existe aucun moyen de me retirer la confiance que les gens me portent.»«À moins, a-t-il observé, que je ne devienne complètement stupide!»
Pour l'heure, la sénilité ne guette pas ce moine agile et vif. Il aura 77 ans en juillet 2012. Il attire toujours des milliers de personnes pour chacun de ses enseignements. Sa sagesse fascine les foules. Sa finesse les séduit. Deux qualités qui ne sont pas superflues, car la partie désormais engagée avec Pékin est une bataille à mort. Elle concerne sa succession spirituelle, bien plus importante que sa succession politique. C'est la véritable clé de voûte. Les Chinois veulent donc contrôler la nomination de son successeur, le XVe dalaï-lama. Ce choc invisible est frontal.

La première passe d'armes s'est produite en 1995. Il fallait alors trouver un nouveau panchen-lama, deuxième haut dignitaire du bouddhisme tibétain. Avec le dalaï-lama, ils forment une sorte de binôme. Traditionnellement, le dalaï est plutôt chargé de la gestion temporelle du Tibet, le panchen (mot qui signifie «grand érudit»), de la responsabilité spirituelle. Le dalaï-lama ne peut choisir son successeur sans l'avis du panchen-lama.

En mai 1994, le dalaï-lama avait choisi Gendhun Choekyi Nyima comme panchen-lama. Il s'agissait du XIe de cette lignée. Mais, dès l'annonce, en mai 1995, Pékin contesta cette décision comme «illégaleet invalide». Le 21 août 1995, le petit garçon de 6 ans fut enlevé dans son village natal de Lhari dans la province de Nagchu. Il est toujours disparu à ce jour. Le 29 novembre 1995, Pékin désigna un autre panchen-lama du même âge: Gyaincain Norbu. Il est aux ordres. Mais contesté par le dalaï-lama.
Autre différend: Pékin ressort «l'urne d'or». Elle fut instituée, au XVIIIe siècle, par les Mandchous pour départager deux candidats dalaï-lamas par tirage au sort dans le précieux récipient mais… sous l'autorité de l'empereur de Chine. Le pouvoir communiste veut utiliser cette méthode pour choisir le futur dalaï-lama. Ce que l'actuel dalaï-lama conteste en affirmant qu'elle ne fut utilisée qu'«une fois» dans toute l'histoire et dans une période trouble. «Scandaleux et honteux», a donc lancé le dalaï-lama face à cette mainmise de Pékin. Le 24 septembre dernier, il a pris les devants pour déjouer «la stratégie précise» des «communistes chinois». Une longue déclaration officielle où il affirme: «la personne qui se réincarne est la seule détentrice de l'autorité légi­time sur l'endroit et la façon dont elle renaîtra et sur la modalité selon laquelle sa réincarnation doit être reconnue.»

Se réincarner dans une femme

Car il s'agit d'une «réincarnation», notion qu'une conception occidentale de la personne empêche de saisir. Aussi sympathique qu'il soit, l'actuel dalaï-lama n'a pas d'existence propre. Il est l'apparence humaine d'un tulku, une «vie antérieure», qui a atteint un tel niveau de perfection qu'elle ne choisit pas le nirvana, quiétude suprême, où elle pourrait s'établir. Elle choisit au contraire de se perpétuer sur la terre pour continuer à faire du bien autour d'elle. Et il y a donc là deux inconnues de taille. Elles échappent, par définition, au très officiel Bureau des affaires religieuses de Pékin. D'une part, le choix pour le dalaï-lama de sa réincarnation. Comme le rapporte Sofia Stril-Rever, proche du dalaï-lama (auteur d'un livre interview de référence, Le dalaï-lama. Mon autobiographie spirituelle, Presses de la Renaissance), il a dit souhaiter se réincarner dans une femme, car elles ont «plus d'influence sur la société». Mais il peut aussi se réincarner sous plusieurs apparences en même temps. Et peut même, sans attendre sa mort, accomplir une «réincarnation avant la mort» (madé toul­kou) et transférer ainsi l'essence de sa réalisation spirituelle, sa sagesse, sous forme d'une «émanation», à son successeur, un jeune lama.

La seconde inconnue est la reconnaissance de cette réincarnation. Soit le dalaï-lama la choisit de son vivant: consignée secrètement, elle ne serait rendue publique qu'à sa mort. Soit elle est accomplie après sa mort réelle: pour cela on repère un enfant selon un rituel de recherche, de reconnaissance et de vérification très complexe, mystique et collectif, usité depuis des siècles dans la tradition bouddhiste tibé­taine. Mais rien ne se fera, a prévenu le dalaï-lama, avant ses 90 ans… Donc le 6 juillet 2025. Il va laisser des instructions écrites à ce sujet. À ce moment-là, il lancera une première consultation des plus hautes instances bouddhiques pour savoir si l'institution du dalaï-lama devra se poursuivre ou non. Si oui, une procédure - indépendante - de recherche du XVe dalaï-lama sera lancée. Bien loin de Pékin
_____
Dans la plupart des pays, les citoyens possèdent la liberté de parole. Mais dans une démocratie, ils possèdent encore la liberté après avoir parlé.
André Guillois

Sunyata
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MessagePosté le: Lun 23 Avr - 11:23 (2012)    Sujet du message: Publicité

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