Sunyata Index du Forum
 FAQFAQ   RechercherRechercher   MembresMembres   GroupesGroupes   S’enregistrerS’enregistrer 
 ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 



 FORUM TIBET 
Dans les villages, on prie pour les âmes des Tibétains qui se sont immolés

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Sunyata Index du Forum -> Sunyata -> TRADUCTIONS
Sujet précédent :: Sujet suivant  
Auteur Message
Sunyata


Hors ligne

Inscrit le: 08 Oct 2009
Messages: 845

MessagePosté le: Dim 10 Fév - 12:45 (2013)    Sujet du message: Dans les villages, on prie pour les âmes des Tibétains qui se sont immolés Répondre en citant

Dans les villages, on prie pour les âmes des Tibétains qui se sont immolés

DIDI KIRSTEN TATLOW – New York Times – 3 février 2013

PEKIN - Depuis Novembre, lorsque l’hiver froid a commencé sur le haut plateau Tibétain, des milliers de villageois Tibétains se sont rassemblés chaque jour pour prier pour les âmes des près de 100 Tibétains qui se sont brûlés à mort pour protester contre le régime chinois, faisant la démonstration d'un large soutien pour les auto-immolés parmi les gens ordinaires, selon le témoignage d’une personne récemment revenue de la région.

Dans les réunions traditionnelles de prière l’hiver dans les villages, on se rassemble pour chanter «Om Mani Padme Hum», le mantra le plus important du Bouddhisme Tibétain, qui conduit rapidement l’âme vers une bonne réincarnation, a déclaré la personne qui a assisté à une réunion dans la région Tibétaine de la province du Qinghai en Chine.

Les rassemblements sont un signe de soutien aux personnes qui se sont immolées et indiquent l'aversion généralisée des Tibétains ordinaires pour les politiques répressives appliquées dans la région, qui l'ont transformée en une «prison à ciel ouvert», a déclaré un officier de police Tibétain de Lhassa, cité par le témoin.

Le témoin ne peut pas être identifié en raison du risque de persécution par les autorités chinoises. Mais le compte rendu fiable des évènements, une répression sévère et le ressentiment des Tibétains, confirme d'autres rapports provenant de la Région Autonome du Tibet ou des régions Tibétaines des provinces Chinoises, où les autorités ont sévi pour tenter de stopper la propagation des auto-immolations.

Les tribunaux Chinois, la semaine dernière, ont condamné huit Tibétains pour avoir aidé des personnes qui s’étaient immolées, a rapporté l'Associated Press, dont un homme à mort avec un sursis de deux ans, et d'autres entre 3 et 12 ans de prison, selon Xinhua, l'agence de presse d'État.

Les détails et la teneur des réunions de prière populaires sont nouveaux.

«Les réunions sont une coutume traditionnelle que l’on pratique l'hiver et qui ont lieu quotidiennement dans différents villages, et durent trois jours», a déclaré le témoin. Elles sont connues en chinois sous le nom de «fahui» ou réunions du dharma (ou aussi réunions de la loi bouddhique).

«Les gens roulent en moto sur de longues distances, 50 ou 60 kilomètres, vers n’importe quel village organisant une réunion de prière. Il s'agit surtout d'adultes, répartis entre 16 et plus de 80 ans. Dès qu'ils peuvent conduire une moto, ils y vont », a indiqué la personne.

«Environ 1.000 personnes peuvent être présentes, allant souvent d'une réunion à une autre, sans rentrer chez elles.»

«Leur but à chaque réunion est d’avoir récité «Om Mani Padme Hum» un million de fois. Il ne fait aucun doute qu'ils considèrent les personnes qui se sont immolées comme très valeureuses, et ils croient qu'avec l'aide de leurs prières, elles reviendront comme des gens puissants et bénis », a déclaré la personne, qui a avoué avoir des réserves sur les immolations.

Pourtant, «C'est extrêmement émouvant. Parce que si les auto-immolations étaient réellement une erreur, comment pourraient-elles susciter tant de soutien et de sympathie de la part des gens ordinaires?».

Comme le rapporte d’Inde mon collègue Jim Yardley, où de nombreux Tibétains vivent en exil, certains là bas s’interrogent au sujet des auto-immolations.

Le témoin l’a confirmé en disant : «Il ya un sentiment parmi certains Tibétains», en particulier les moines ou les personnes de la hiérarchie religieuse, «que le Dalaï Lama doit dire quelque chose pour arrêter cela».

Pourtant, les Tibétains qui sont profondément mécontents du régime Chinois, sont limités dans la façon dont ils peuvent protester.

«Le problème, c'est que les Tibétains sont bouddhistes. Au point où en sont les choses maintenant, dans d'autres lieux, les gens pourraient se soulever et poser des bombes. Mais ils ne peuvent pas le faire parce que les bouddhistes pensent que l’on ne doit pas détruire le bonheur d’autrui. Donc le seul moyen dont ils disposent pour protester est de se donner la mort», a déclaré la personne.

Et ainsi le soutien populaire continue.

Le témoignage de cette personne a également confirmé les rapports indiquant une répression très sévère en cours à Lhassa, siège du Jokhang, temple le plus sacré du Tibet et du palais du Potala, l’ancienne résidence du Dalaï-Lama, que les Tibétains vénèrent et qui vit en exil depuis qu’il a fui les Chinois en 1959.

La répression, en réponse aux immolations qui ont commencé peu de temps après qu’un soulèvement à Lhassa ait été écrasé en 2008, a transformé le Tibet en «une prison à ciel ouvert», a déclaré un officier de police d’ethnie Tibétaine. Comme certains autres policiers Tibétains, il a déclaré qu'il envisageait de démissionner de son poste.

«Lhasa était un lieu sacré pour le Bouddhisme. Maintenant c'est un endroit sacré pour le Marxisme-Léninisme» a-t-il dit. «Chaque jour il y a des réunions où des dirigeants tant grands que petit vous disent que le maintien de la stabilité, » ou « weiwen », en chinois, « est la chose la plus importante, et quelles sont les tâches principales dans Lhasa. Lhasa n'est plus un lieu sacré Bouddhiste,» a-t-il déclaré.

«Lhassa est bourrée de policiers, tous les 10 pas il y en a plusieurs. Je déteste de plus en plus mon propre travail. Ce n'est vraiment pas possible de continuer à le faire. Certains ont déjà démissionné», a déclaré le témoin.

Les mesures de répression incluent l’interdiction pour les personnes d’ethnie Tibétaine provenant des régions périphériques, comme les provinces du Qinghai ou du Sichuan, qui se trouvent à l'extérieur de la Région Autonome du Tibet, de voyager au Tibet* (TAR) et ces mesures sont strictement renforcées dans les aéroports et les autres centres de transport. Une personne d’ethnie Chinoise Han, cependant, peut passer, ce qui rend effectivement le Tibet (TAR) interdit à beaucoup de tibétains.

Tout Tibétain de l'extérieur de la région qui souhaite se rendre à Lhassa doit avoir un «parrain» dans la ville travaillant pour le gouvernement, a déclaré le témoin. Ils doivent remettre leurs cartes d'identité et se faire photographier. Des agents de police en uniforme et en civil ainsi que des militaires patrouillent massivement dans la ville, essayant d'arrêter les auto-immolations.

L'interdiction qui touche les Tibétains de l'extérieur du Tibet (Région Autonome), dont un grand nombre font traditionnellement des pèlerinages à Lhassa, signifie que les hôtels et autres commerces dans la ville ont souffert depuis mai dernier quand ils ont reçu l'ordre de ne pas recevoir de tels voyageurs. Une pétition des propriétaires d'hôtel circule actuellement pour demander au gouvernement de les indemniser financièrement, «ou nous porterons notre requête plus haut». En raison de son caractère politiquement sensible, la pétition, qui a été vue par ce journal, ne peut pas être discutée en détail.

Il est également très difficile pour les Tibétains ordinaires d'obtenir un passeport, ce qui signifie qu'ils ne peuvent pas voyager à l'étranger, a déclaré le témoin. La personne pense que le but du gouvernement est de limiter les comptes-rendus, comme celui-ci, sur la dure répression dans la région.

«Ils ne veulent pas que les Tibétains quittent le pays et disent au monde ce qui se passe là-bas. Des centaines de personnes qui partent et qui racontent au monde entier c’est très différent d'une ou deux», a déclaré la personne.

A l'approche de la nouvelle année lunaire, les réunions de prière vont bientôt se réduire, alors que le travail agricole et l'élevage vont reprendre. Pour le moment, cependant, les villageois prient intensément pour les âmes des morts, des millions de mantras circulent dans l’air léger du plateau.

«Ils disent, nous voulons que leurs vies reviennent. Nous voulons la paix mondiale. Ils prient pour que le Tibet ait des jours paisibles et heureux ainsi que le monde.» a déclaré la personne.

L’officier de police a déclaré: «Vivre dans cette atmosphère étroitement contrôlée est insupportable. Il n'y a aucun sentiment de bonheur. Mais c'est peut-être bien ainsi, cela peut accélérer la venue du jour où la situation devra changer. Mais je n'ai pas le courage de m'auto-immoler. Peut-être qu'après avoir pris ma retraite, j’irai à Pékin et je ferai une pétition.»

*NDT : ce que la journaliste désigne par « le Tibet proprement dit – Tibet proper » est la Région Autonome du Tibet. Le Tibet historique comporte en plus de cette région le Quinghai dans sa quasi totalité, Le Sichuan dans sa partie Ouest, et une petite partie Nord du Yunnan.

Traduction Pema dreulkar – dreulkar.ema@gmail.com – pour le site http://sunyat.free.fr


http://tibet.net/2013/02/03/in-villages-praying-for-the-souls-of-tibetan-self-immola

In Villages, Praying for the Souls of Tibetan Self-Immolators

By DIDI KIRSTEN TATLOW The New York Times]

3 February 2013

BEIJING — Since November, when cold winter began in the high Tibetan Plateau, thousands of Tibetan villagers have been gathering daily to pray for the souls of the nearly 100 Tibetans who have burned themselves to death in protest over Chinese rule, in a show of widespread support for the self-immolators among ordinary people, according to witness testimony from a person recently returned from the region.

In traditional winter prayer meetings in villages, they gather to chant “Om mani padme hum,” Tibetan Buddhism’s most important mantra, which speeds a soul toward a good reincarnation, said the person, who witnessed a meeting in the Tibetan region of Qinghai Province in China.

The meetings are a sign of support for the self-immolators and point to widespread dislike among ordinary Tibetans for repressive policies in the region that have turned it into an “open-air prison,” said one ethnic Tibetan police officer in Lhasa, quoted by the witness.

The witness cannot be identified because of the high risk of persecution by the Chinese authorities. But the reliable account of ongoing, severe repression and resentment among Tibetans confirms other reports from the Tibet Autonomous Region or from Tibetan regions in Chinese provinces, where the authorities have been cracking down as they try to stop the spread of the self-immolations.

Chinese courts last week sentenced eight Tibetans for helping self-immolators, The Associated Press reported, including one man to death with a two-year reprieve, and others to between 3 and 12 years in jail, according to Xinhua, the state news agency.

The detail and content of the grass-roots prayer meetings is new.

“The meetings are a traditional thing to do during the winter and are held daily in different villages, and last three days,” the witness said. They are known in Chinese as “fahui,” or dharma meetings (also Buddhist law meetings).

“People drive on motorbikes for long distances, 50 or 60 kilometers, to whichever village is holding a prayer meeting. It’s mostly adults, and they are anywhere between 16 and over 80 years old. As soon as they can drive a motorbike, they’ll go,” the person said.

“Around 1,000 people may attend, often going from one meeting to another without returning home.”
“Their aim is for each meeting to have chanted ‘Om mani padme hum’ 100 million times. There’s no question that they regard the self-immolators as very great, and believe that with the help of their prayers, they will come back as powerful and blessed people,” said the person, who confessed to having reservations about the self-immolations.

Yet, “It’s extremely moving. Because if the self-immolations really were a mistake, how could they get so much support and sympathy form ordinary people?”

As my colleague Jim Yardley reports from India, where many Tibetans live in exile, some there are questioning the self-immolations.

The witness confirmed that, saying: “There is a feeling among some Tibetans,” especially monks or those in the religious hierarchy, “that the Dalai Lama needs to say something to stop it.”
Yet Tibetans who are deeply unhappy with Chinese rule are constrained in how they can protest.
“The problem is that Tibetans are Buddhists. The way things are there now, in other places, people might rise up and set off bombs. But they can’t do that because Buddhists believe you shouldn’t destroy other people’s happiness. So the only way they can protest is by killing themselves,” the person said.

And so the grass-roots support goes on.

The testimony from this person also confirmed reports of a very harsh crackdown under way in Lhasa, seat of the Jokhang, Tibet’s holiest temple, and the Potala Palace, the former home of the Dalai Lama, whom Tibetans revere and who has lived in exile since fleeing the Chinese in 1959.

The crackdown, in response to the self-immolations that began not long after an uprising in Lhasa was crushed in 2008, has turned Tibet into “an open-air prison,” said an ethnic Tibetan police officer. Like some other ethnic Tibetan police officers, he was considering resigning his post, he said.

“Lhasa used to be a sacred place for Buddhism. Now it’s a sacred place for Marxism-Leninism,” he said. “Every day there are meetings where leaders both big and small tell you that maintaining stability,” or “weiwen,” in Chinese, “is the most important thing, what the main tasks in Lhasa are. Lhasa is no longer a Buddhist sacred place,” he said.

“Lhasa is stuffed with police, every 10 paces there are several. I am growing to hate my own work. It’s really not possible to keep doing it. Some have already resigned,” he told the witness.

The crackdown includes forbidding ethnic Tibetans from the outlying regions, like Qinghai or Sichuan Provinces, which lie outside Tibet proper, from traveling to Tibet and is strictly enforced at airports and other transport nodes. Ethnic Han Chinese, however, can pass, effectively making Tibet out of bounds for many Tibetans.

Any Tibetan from outside the region wishing to travel to Lhasa must have a “sponsor” in the city working for the government, the witness said. They must surrender their identity cards and be photographed. Uniformed and plainclothes police officers and military patrol heavily in the city, trying to stop self-immolations.

The ban on ethnic Tibetans from outside Tibet, many of whom have traditionally taken pilgrimages to Lhasa, means that hotels and other businesses in the city have suffered since last May when they were ordered shut to such travelers. A petition is currently circulating from hotel owners asking the government to compensate them financially, “or we will take our request higher.” For reasons of political sensitivity, the petition, which has been seen by this newspaper, cannot be discussed in detail.
It is also extremely difficult for ordinary ethnic Tibetans to get a passport, meaning they cannot travel overseas, the witness said. The person believes the government’s motive is to minimize accounts, like this one, of the harsh repression in the region.

“They don’t want Tibetans leaving the country and telling the world what’s happening there. Hundreds of people leaving and telling the world is very different from one or two,” the person said.
With the Lunar New Year approaching, the prayer meetings will soon be scaled back, as farm work and animal husbandry resume. For now, though, the villagers are praying hard for the souls of the dead, millions of mantras circulating in the thin air of the plateau.

“They say, we want their lives to come back. We want world peace. They pray for Tibet to have peaceful and happy days, and the world, too,” the person said.

Said the police officer: “Living in this tightly controlled atmosphere is unbearable. There’s no feeling of happiness. But maybe it’s good this way, it may speed up the day when the situation has to change. But I don’t have the courage to self-immolate. Maybe after I retire I’ll go to Beijing and petition.”
_____
Dans la plupart des pays, les citoyens possèdent la liberté de parole. Mais dans une démocratie, ils possèdent encore la liberté après avoir parlé.
André Guillois

Sunyata
http://sunyat.free.fr


Revenir en haut
Visiter le site web du posteur
Publicité






MessagePosté le: Dim 10 Fév - 12:45 (2013)    Sujet du message: Publicité

PublicitéSupprimer les publicités ?
Revenir en haut
Montrer les messages depuis:   
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Sunyata Index du Forum -> Sunyata -> TRADUCTIONS Toutes les heures sont au format GMT + 2 Heures
Page 1 sur 1

 
Sauter vers:  

Index | Panneau d’administration | forum gratuit | Forum gratuit d’entraide | Annuaire des forums gratuits | Signaler une violation | Conditions générales d'utilisation
Powered by phpBB and iRn
Traduction par : phpBB-fr.com