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Le Tibet n’est pas encore libre ; cela ne signifie pas l’échec du Dalai Lama

 
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Sunyata


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MessagePosté le: Lun 29 Juin - 10:22 (2015)    Sujet du message: Le Tibet n’est pas encore libre ; cela ne signifie pas l’échec du Dalai Lama Répondre en citant

http://www.tibetan.fr/?Le-Tibet-n-est-pas-encore-libre

Par Freya Putt

Ces dernières années, j’ai noté une tendance à la hausse du nombre d’articles et commentaires examinant la vie et l’héritage du Dalai Lama, qui concluent que les Tibétains, et le Dalai Lama en tant que leur chef, ont échoué dans leur cause pour restaurer la liberté au Tibet. Ayant travaillé pour ce mouvement pendant 18 ans, je peux comprendre que l’on ait des doutes sur l’avenir. Mais un échec, vraiment ? Tout est-il joué ?.

Certains ont exprimé des sentiments similaires dans les années 60-70, quand la plupart des gens n’avaient jamais entendu parler du Tibet, et qu’assurément aucun pays ne se souciait de la défense des prisonniers politiques tibétains et d’autres droits. La Chine était perdue pour l’occident et les Tibétains faisaient partie des victimes innocentes..

L’analyse plutôt sombre s’est révélée erronée, car les quelques réfugiés tibétains qui se sont installés ont généralement bâti une conscience et un activisme inspirés. Les grandes manifestations à Lhassa à la fin des années 80, ainsi que le prix Nobel de la paix du Dalai Lama, Hollywood et les concerts pour la liberté des Tibétains, ont placé le Tibet dans la conscience publique mondiale. De même, cette trame d’analyse est aujourd’hui erronée. Je suis peut-être trop investie pour admettre que la cause est perdue. Mais je ne le pense pas. Tout d’abord, il est dans la nature humaine que là où il y a une injustice, il y a un combat. Les gens n’abandonnent simplement pas en essayant de rendre leur vie meilleure parce que les chances ne sont pas de leur côté ; l’effort quotidien pour résister aux affronts et s’opposer à l’oppression se poursuit indépendamment de l’issue possible. Les Tibétains le prouvent constamment, montrant leur opposition à l’occupation chinoise par le port des vêtements traditionnels, la fréquentation des boutiques tibétaines, le maintien de l’usage de leur langue et se battant pour son usage dans les écoles, en utilisant l’art, la musique et la poésie pour s’exprimer et se rassembler, des blocus et d’autres actions directes pour protéger leur terre, et même par le choix extrême de s’immoler par le feu au mépris de la domination chinoise..

En fait, alors que l’oppression d’Etat a augmenté ces dernières années, la résistance au Tibet a grandi et est devenue plus profonde. Il y a dix ans, l’opposition à la loi chinoise semblait se manifester principalement à travers de petites manifestations improvisées, qui bien que symboliquement puissantes, sont facilement contrées par la Chine. Aujourd’hui, la résistance est permanente, sophistiquée, et a gagné plusieurs fronts. Notre mémoire collective est courte, mais il ne devrait pas être trop difficile de se souvenir que de nombreux - peut-être la plupart - conflits relatifs aux droits, aux territoires et à l’autodétermination ont mis des décennies ou des siècles à être résolus. Pensons à l’esclavage et aux droits civiques aux Etats-Unis, à l’indépendance irlandaise, à la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, à l’indépendance de l’Inde et à la décolonisation dans le monde. Les conditions affectant les droits et le liberté du Tibet sont pour le moins décourageantes. La Chine a sans discontinuer gagné en influence économique et les pays ont de plus en plus peur quand elle agit de manière musclée. On compte environ six millions de Tibétains, pour 1,3 milliards de Chinois. Le Tibet est un haut plateau montagneux, ça a été d’autant plus facile pour la Chine de limiter fortement les interactions physiques et virtuelles entre le Tibet et le monde extérieur. Et les ressources minérales et en eau du Tibet, sa position stratégique au coeur de l’Asie, lui donnent une valeur économique et géopolitique. Considérant ces facteurs, que la lutte des Tibétains n’ait pas encore été victorieuse ne doit pas être une grande surprise..

Mais ne pas encore avoir remporté un combat est très différent de l’avoir perdu. Bill Moyer, activiste et théoricien américain, a développé un modèle stratégique pour expliquer les progrès des mouvements sociaux et a utilisé des études de cas pour illustrer huit phases distinctes. Il a souligné qu’après des gains substantiels, comme bâtir un mouvement de masse, réaliser un soutien populaire et définir une question comme un problème dans l’agenda de la société, les mouvements se trouvent souvent embourbés dans une sorte de désespoir et d’impuissance basés sur une mauvaise perception de leurs progrès. Le mouvement pour la liberté des Tibétains a progressé de manière significative vers ses objectifs : il a établi la légitimité de la lutte pour la liberté des Tibétains, bâti une base solide de soutien populaire mondial, maîtrisé l’appareil de propagande chinois dans les medias, et a fait du Tibet un défi permanent pour la réputation de la Chine sur la scène mondiale. Il y a beaucoup plus à faire, clairement, mais le fondement critique a déjà été construit..

En fait, dans toute cette tragédie, cette souffrance et ces épreuves quotidiennes auxquelles les Tibétains font face, il y a beaucoup plus à célébrer. Loin d’avoir échoué, le Dalai Lama devrait être reconnu comme l’un des leaders mondiaux du 20ème et 21ème siècle ayant imprimé une marque indélébile et positive sur le monde..

Le Dalai Lama a amené la question du Tibet sur la scène mondiale et a inspiré des dizaines, pour ne pas dire des centaines de milliers de personnes à soutenir la cause. Il a réduit les différents religieux, régionaux et autres au sein de la communauté tibétaine pour unifier les Tibétains dans une approche stratégique de lutte comprenant une visibilité internationale, malgré les objections constantes de la Chine et tous ses efforts, et il a souligné la puissance morale de la non-violence..

Le bouddhisme tibétain met en exergue la non-violence, mais l’actuel Dalai Lama l’a élevée au niveau de la politique internationale. Elle pénètre la pensée des Tibétains, en particulier de la nouvelle génération qui a grandi en exil, et influencera durablement le leadership politique tibétain dans le futur. Bien que de jeunes Tibétains demandent légitimement pourquoi ils devraient rester non violents quand le monde ne semble prêter attention qu’à la violence, et qu’ils se demandent si l’insurrection armée ne pourrait pas mettre fin plus rapidement aux violations des droits de l’homme et à la souffrance qu’eux ou leurs familles subissent quotidiennement au Tibet, la majorité écrasante est engagée sur le chemin de la non violence maintenant et dans le futur, pour des raisons morales ou parce qu’ils croient que c’est le chemin le plus sûr vers la victoire (une croyance soutenue par de récentes recherches qui montrent que les luttes non violentes réussissent plus souvent que les luttes violentes)..

L’héritage de non violence du Dalai Lama va bien au delà de la communauté tibétaine. Il est un phare moral depuis des décennies et son message de non violence a dépassé la constante abstention du conflit violent et de l’escalade des réponses venant de nos medias et de nos politiciens, et il donne aux gens quelque chose dont nous avons à la fois besoin et grandement envie : une vision d’un monde paisible et compatissant. Si ne serait-ce qu’un peu plus de leaders dans le monde mettaient l’accent sur la valeur de la lutte non violente, notre monde pourrait être très différent..

Malheureusement, nous oublions rapidement l’impact de leaders comme le Dalai Lama et de grands mouvements non violents comme celui des Tibétains. Suggérer que le Dalai Lama ou plus largement la lutte des Tibétains a échoué, c’est ignorer l’importance d’alternatives aux conflits violents et aussi oublier d’envisager à quoi un véritable échec pourrait ressembler : la mort de la culture et de la religion tibétaines, le désespoir, les querelles internes, la violence collective et des attaques funestes des occupants chinois en grande majorité armés..

Les commentateurs, les activistes, les élus et tous ceux qui soutiennent le chemin non violent du Dalai Lama plutôt que de renforcer un cadre d’échec, devraient reconnaître quels gains ont été atteints et penser de manière stratégique à ce qui peut être fait ensuite. A 80 ans, la question n’est pas de savoir si le Dalai Lama a échoué mais si le monde a laissé tomber ce leader imposant qui a tant donné à l’humanité. Faisons en sorte d’être certains que la réponse est non..
_____
Dans la plupart des pays, les citoyens possèdent la liberté de parole. Mais dans une démocratie, ils possèdent encore la liberté après avoir parlé.
André Guillois

Sunyata
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MessagePosté le: Lun 29 Juin - 10:22 (2015)    Sujet du message: Publicité

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Sunyata


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Inscrit le: 08 Oct 2009
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MessagePosté le: Mer 1 Juil - 10:17 (2015)    Sujet du message: Le Tibet n’est pas encore libre ; cela ne signifie pas l’échec du Dalai Lama Répondre en citant

http://www.huffingtonpost.com/freya-putt/tibet-isnt-free-yet-that_b_7665720…

In recent years, I've noticed an increasing trend of articles and commentaries examining the Dalai Lama's life and legacy that conclude Tibetans, and he as their leader, have failed in their cause to restore freedom to Tibet. Having worked for this movement for 18 years, I can understand having doubts about what the future holds. But really? Failed? It's a done deal?

Some voiced similar sentiments in the 1960s and 1970s, when most people had never heard of Tibet, and certainly no countries were bothering to advocate for Tibetan political prisoners or other rights. China had been "lost" by the west and Tibetans were unfortunate casualties.

But the gloom-and-doom analysis proved to be misguided then, as the mere handful of Tibetan refugees who had resettled globally built awareness and inspired activism. Huge protests in Lhasa in the late 1980s, as well as the Dalai Lama's Nobel Peace Prize, Hollywood and the Tibetan Freedom Concerts, drove Tibet into international public consciousness. Likewise, this frame of analysis is misguided now.
Perhaps I'm just too invested to acknowledge that the cause is lost. But I don't think so.

First of all, it's human nature that where there's injustice, there's struggle. People don't just give up trying to make their lives better because the odds are against them; the daily effort to resist indignities and oppose oppression continues regardless of what the endgame might be. Tibetans demonstrate this constantly, showing their opposition to China's occupation by wearing traditional clothes, patronizing Tibetan-owned shops, holding onto their language and fighting for its use in schools, deploying art, music and poetry to express themselves and rally each other, using blockades and other direct action to protect lands, and even making the extreme choice to light themselves on fire in defiance of Chinese rule.

In fact, while state oppression has increased in recent years, resistance in Tibet has grown and deepened. A decade ago, opposition to Chinese rule seemed to manifest mainly through small, unplanned protests, which though symbolically powerful, are easily countered by China. Today, resistance is constant, sophisticated, and waged on many fronts.

And while our collective memory is short, it shouldn't be too much of a stretch to remember that many -- perhaps most -- conflicts about rights, territory and self-governance have taken decades or centuries to resolve. Think slavery and civil rights in the U.S.A., Irish independence, the anti-apartheid struggle in South Africa, Indian independence and decolonization the world over.

The conditions affecting rights and freedom for Tibet are daunting, to say the least. China has steadily gained economic clout and countries increasingly react in fear when it flexes its economic muscle. Tibetans number roughly six million, Chinese 1.3 billion. Tibet's high, mountainous plateau has kept it isolated and made it easier for China to severely limit both physical and virtual interaction between Tibetans and the outside world. And Tibet's mineral and water resources and strategic location in the heart of Asia make it an economic and geopolitical prize.

Looking at these factors, it shouldn't be a big surprise that the Tibetan struggle hasn't yet been won.

But not having yet won a struggle is very different from having lost it. Bill Moyer, an American theorist and activist, developed a strategic model for explaining the progress of social movements and used case studies to illustrate eight distinct phases. He emphasized that after substantial gains, such as building a mass movement, achieving popular support and defining an issue as a problem on society's agenda, movements often find themselves mired in a sense of despair and powerlessness based on a misperception of their progress. The Tibetan freedom movement has made significant strides toward its goals: establishing the legitimacy of Tibetans' claims to freedom, building a mass base of popular global support, overpowering China's propaganda factory in the media, and making Tibet a constant challenge to China's reputation on the global stage. There is much more to be done, clearly, but the critical foundation has already been built.

In fact, amidst all the tragedy, suffering and daily hardship that Tibetans face, there is much to celebrate. Far from having failed, the Dalai Lama should be recognized as one of the global leaders of the 20th and 21st century who has made an indelible, positive impact on the world.

The Dalai Lama brought the issue of Tibet to the world and inspired tens if not hundreds of thousands of people to support the cause. He bridged the various religious, regional and other divides within the Tibetan community to unify Tibetans behind a strategic approach to the struggle that included making it visible internationally -- despite China's constant objections and best efforts -- and emphasizing the moral power of using nonviolence.

Tibetan Buddhism emphasizes nonviolence, but the current Dalai Lama raised it to the level of global politics. It permeates the thinking of Tibetans, particularly the new generation raised in exile, and will influence Tibetan political leadership far into the future. Although some young Tibetans legitimately ask why they should remain nonviolent when the world seems to pay attention only to violence, and wonder if armed insurrection could bring a quicker end to the human rights violations and suffering they or their families face daily in Tibet, the overwhelming number are committed to the path of nonviolence now and in the future, for moral reasons or because they believe it is the most certain route to victory (a belief supported by recent research showing that nonviolent struggles succeed more often than violent ones).

The Dalai Lama's legacy of nonviolence reaches far beyond the Tibetan community. He has been a moral beacon for decades and his nonviolent message has transcended the constant refrain of violent conflict and escalating responses that comes from our media and our politicians, giving people something we both need and crave: a vision of a peaceful and compassionate world. If even a few more global leaders emphasized the value of nonviolent struggle, our world could look very different.

Sadly, we are quick to overlook the impact of leaders such as the Dalai Lama and largely nonviolent movements like that of the Tibetans. Suggestions that either the Dalai Lama or the broader Tibetan struggle has failed ignore the importance of alternatives to violent conflict and also neglect to consider what real failure could look like: the death of Tibetan culture and religion, hopelessness, infighting, mob violence and self-defeating attacks on the overwhelmingly armed Chinese occupiers.

Commentators, activists, elected officials and the many others who support the Dalai Lama's nonviolent path, rather than reinforcing a frame of failure, should acknowledge what gains have been made and think strategically about what can be done next. At age 80, the question is not whether the Dalai Lama has failed but if the world has failed this towering leader who has given so much to humanity. Let's make sure the answer is no.
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Dans la plupart des pays, les citoyens possèdent la liberté de parole. Mais dans une démocratie, ils possèdent encore la liberté après avoir parlé.
André Guillois

Sunyata
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